Un jour, mon prince viendra...
UN JOUR MON PRINCE VIENDRA…
Demain, quel
ENFER !…. demain, c’est mon anniversaire. J’ai trente-cinq
ans ! ! ! ……mon Dieu, mais c’est
passé si vite ! tellement vite, que je n’ai rien vu venir. Il n’y a pas tellement longtemps j’étais encore
insouciante et candide, mes joues étaient rebondies comme de belles pêches,
j’avais encore le regard pétillant de l’enfance que je venais de quitter, hier
encore j’avais vingt ans. A cet âge là on a tout le temps…du moins c’est ce
qu’on croit. Moi, je croyais que la vie serait simple et évidente, tout comme
l’enfance douce et joyeuse que je laissais derrière moi avec fierté (alors je
pensais : quel fardeau d’être un enfant) et je m’imaginais quitter ma peau
de petite fille, comme un papillon quitterait son édredon de chenille, comme
j’avais hâte alors d’être une adulte !
Par la suite, j’ai bénéficié quelques
temps encore de cette grâce puérile, toujours baignée d’illusions
diverses : la princesse, le prince
charmant, l’Amour, la belle robe blanche et froufrouteuse à la sortie de
l’église, et comme ce n’est pas tout : la maison, le chien, puis le bébé
(ou le bébé en premier et le chien ensuite)
Vers vingt-cinq ans, encore très jolie ma
foi, je me suis dit qu’il était temps de chercher l’âme sœur. Fini les
relations sans avenir et pire, les aventures d’un soir. C’était l’époque où
j’assistais à mes premiers mariages en invitée exemplaire. Célibataire
confirmée, l’on me casait difficilement à table, entre les couples d’amis et
leurs enfants en bas âges. Bonne pâte, je félicitais toujours les jeunes mariés
en les raillant intérieurement pour s’engager aussi jeunes. Pour moi, le
mariage, ce ne serait vraiment pas pour demain ! et pour cause…Mais bon,
les mariages on finit par s’y faire… et puis quand toutes les copines sont
enfin casées, et la petite sœur aussi dans la foulée, on se dit que ça ne peut
qu’aller mieux !
Parlons un peu d’elle, tiens, de la
petite sœur !… la mienne, elle est typique, typiquement agaçante. Et comme
toutes les petites sœurs, JE
Bref, des mariages j’en ai connus, et des
mecs j’en ai eus pas mal. Certains, je les ai même rencontrés …à des
mariages ! ! !… mais ce n’était, bien sûr, jamais le bon :
pas de coup de foudre en vue (ou alors qui s’éteignaient d’eux-mêmes). Viennent
alors, entre vingt-cinq et trente ans, les premiers bébés ! (non, je
ne parlerai pas des jumeaux de ma soeurette !). C’est dingue, mais à cette
période de votre vie, les femmes enceintes éclosent comme qui dirait tout
autours de vous comme les fleurs sauvages au printemps : il y en a
partout !… ma parole, elles se sont passé le mot ou quoi ? ! non
mais dingue ! jusqu’à la collègue de bureau (celle à qui vous n’adressez
jamais la parole d’habitude) qui profite d’une rencontre fortuite dans
l’ascenseur pour glisser : et toi, tu n’as pas envie de t’y mettre ?
(sous – entendu « à ton âge, il est grand temps d’y penser ! »)
Elle est « gentille » …
Bref, à partir de là on finit par ne
garder dans son cercle d’amis que des célibataires (le risque de certains
sujets de conversation brûlants est ainsi définitivement écarté) J’ai même
déserté les repas de famille assommants, afin d’éviter les clins - d’œil complices
et les sous-entendus, c’est dire !…Non, la vie de célibataire est d’un
désespérant que vous, êtres « normaux », vous n’imaginez même
pas !…
Allez, trente-cinq ans ? finalement
c’est encore jeune. La fille que je vois dans le miroir a quelques pattes
d’oies minuscules au coin des yeux, certes… mais elle est plutôt belle…JE SUIS
plutôt belle. Mon prince charmant n’a qu’à bien se tenir, je vais faire un
tabac ce soir !
Et puis, à mon âge le plus dur est passé
…certains des couples, (dont j’ai assisté au mariage) se séparent, et même
divorcent ! c’est dire !, même
ma soeurette la pauvrette, est tombée de haut (son hidalgo a fini par prendre
le large). Mais je vous vois venir, vous pensez que je n’ai pas de cœur, que je
ne compatis pas au désespoir des autres. Détrompez –vous ! (en matière de
malchance je crois avoir été largement servie). Je ne suis pas du genre à me
réjouir du malheur des autres, mais j’avoue que cela me console un peu :
un jour sûrement, j’aurai ma part de bonheur, et ce jour-là croyez moi, je ne
le laisserai pas filer !

Commentaires