Acrylique&Argile..."R'Eve Créations"

POEMES DU SPLEEN

La poésie est une vieille amie...Reflet des émotions passagères, elle permet cependant de les cristalliser sur le papier et de les considérer comme extérieures. Ainsi l'on peut s'en détacher plus aisément et,  même s'il s'agit d'émotions négatives, elles en ressortent magnifiées...

Tous ces poêmes sont extraits d'un recueil intitulé "Petits enfers impermanents".



Malaise

Quel est ce sentiment limpide mais obscure

Qui bouleverse mon âme et déroute mon corps...

Cette impression multiple, en même temps qu'unique,

Cette illusion de vide qui déborde d'angoisse...

 

Quelle est cette blessure qui suppure et qui brûle

Fragilisant mon âme et torturant mon corps...

La vie est un flocon par sa fragilité,

Une toile tissée de jours puis d'années,

Qui par un vent trop fort, risque de se briser.

 

Pourquoi ce sentiment de jouissance farouche,

Etouffé par la peur de cet immense gouffre,

Qui nous attend peut-être, tout là-bas, n'importe où

Au-delà de la mort, là où s'éteint la vie,

Au-delà de la vie, là où commence la mort...

 

Sa vie semble univers aux yeux de l'être humain,

Alors qu'elle n'est qu'un jeu aux yeux de la matière.






 « Toute vie porte en elle le germe de sa propre disparition »

   

Macabre Mascarade


 Hôpital Saint Antoine, une chambre,

un certain jour de décembre.

il fait froid dans la pièce,

il fait froid dans le coeur

de ce vieil homme couché, tout recroquevillé.

 

Lourde masse immobile aux membres appesantis.

lorsqu'aucun mouvement n'anime sa poitrine

quand nul souffle d'air ne viendra plus jamais,

soulever ces draps blancs aux odeurs de souffrance.

 

Son visage, masque de carnaval abîmé par le temps

n'exprime rien du tout et n'inspire rien d'autre

qu'un sentiment sordide, une affreuse sensation.

 

Son front blanc est strié, sculpté par la douleur

que lui a arraché l'appel de la mort,

et sur sa joue de pierre semble cristallisée

une larme dernière qui brille sur ce corps.

 

Ici il n'est plus, ici il a encore,

déposée sur son coeur une photo jaunie

sur laquelle son regard semble s'être arrêté,

fixe, inamovible, neutre et inexpressif.

 

L'enfant de la photo, tout rond, rose et dodu,

lui sourit gentiment dans son insouciance,

son monde c'est l'enfance, son bonheur, l'innocence,

et le pauvre vieil homme a perdu son essence.





L'enfant des sables

 

Une vie de silence pour cet enfant sans nom,

Qui vient de tomber raide au milieu du désert

Sous un soleil de plomb dans l'air poussiéreux,

Son coeur désormais n'éprouve plus la peur.

 

Quand enfin s'évapore de sa chair meurtrie,

Son âme maladive de longtemps torturée

Que reste - t il alors de ce sourire timide

De ces deux grands yeux noirs aux lueurs d'espoir ?

 

Une vie de silence pour une terre stérile

Où nulle rivière n'irrigue les chemins...

Les veines desséchées de ce corps silencieux.

 

Il ne comprenait pas ni ne se révoltait...

Il ne comprenait ni ne revendiquait,

Que les graines de vie, que les larmes d'un ciel

Désespérément bleu, indéfiniment gai...

 

Une vie de silence pour cet enfant sans nom

scrutant l'horizon clair de ses deux grands yeux noirs,

Sous un soleil de pierre dans l'air poussiéreux,

Osant sourire au monde encor empli d'espoirs ;

 

Ici résident les miens, mon monde, mon pays,

Ici il y a moi, là-bas il y a la vie...

Une vie de silence pour ces enfants trahis...

 

Offrant leurs paumes ouvertes, versant larmes amères

Attendant que la vie leur ouvre enfin les bras,

Sous ce soleil de pierre dans cet air de poussière

Attendant que les hommes répondent à leurs cris.


 

L'espoir

 

Tel un chien haletant face à la récompense

Que son maître lui tend, l'œil compatissant

Voilà où nous en sommes, noyés dans les souffrances

Infligées par la vie, grand maître du néant.

 

Venez donc mes agneaux ramasser quelques bribes

Du savoureux festin que d'autres ont partagé !

Généreux donateurs vous permettant de vivre

De boire, de festoyer, croître et multiplier...

 

Car bientôt c'est écrit nous aurons notre part

Courbant bien bas l'échine, en suant sang et eaux,

De fêtes endiablées, de délices et de gloire ;

De tout ce qui se fait de riche et de plus beau.

 

Tout cela se mérite, il ne fait aucun doute

Que bientôt nos efforts ne soient récompensés,

Car c'est une évidence tout au bout de la route

Le ciel ouvre ses portes aux âmes dépouillées.


Les quidams

 


Il n'est pire solitude que celle ressentie

Au milieu d'une foule affairée dans l'oubli

Voyez les regards vides les visages assombris

Noyés dans la torpeur et la monotonie

 

Ressentez-vous comme eux cet angoissant ennui 

Oublieux des regards et des visages d'autrui

Sombres parmi les ombres passants à  l'agonie

Monotones leurs pas qui glissent sous la pluie

 

Il n'est pire solitude que celle ressentie

Au milieu d'une foule affairée dans l'oubli

Voyez les regards vides les visages assombris

Noyés dans la torpeur et la monotonie

 

Sentent-ils ces fantômes aux frontières de la mort

Oubliant les regards et les visages d'autrui

Assombris et éteints les croyant ennemis

Monotones et livides que tous sont des frères




Le fou

 

Traverser la vie sans regarder derrière

Toujours avancer, même par des vents contraires

Gardant au cœur l'espoir et la secrète foi

De ne jamais devoir regretter ses choix.

 

Aller de l'avant et déjouer les pièges

Que le destin nous tend, Grand Stratège ;

Louvoyer, docile, en ayant l'air heureux

Lorsque c'est le malheur qu'on a au fond des yeux.

 

Mais affrontons la vie, acceptons d'être faible

De prendre part au jeu en ignorant ses règles,

Se sentir démuni comme un fou d'échiquier

Qu'une invisible main aime à manipuler.

 

Acceptons de n'être que les jouets d'un Dieu

Soumis à ses humeurs, ses rites capricieux,

Et caressons l'espoir que notre destinée

Se forge des attraits de grâces redoublées.

 




« Réflexion sur la laideur : qu'est-ce qui est beau et qu'est - ce qui est laid  ? »

 

 Le Poulpe

 

Ode à la laideur qui gangrène le monde

Salut ! oh toi le poulpe, immonde et pustuleux,

Qui étends ça et là tes appendices hideux

En recouvrant le globe de larmes et de ténèbres.

 

Tu déverses sur nous tes glaires infectieuses,

Et ton haleine, miasmes infâmes

Venus du fond de tes entrailles,

Diffusent dans nos âmes des idées pernicieuses.

 

L'Homme mû par ses pensées vicieuses

Se débat dans la fange et nourrit en son cœur

La haine, l'envie, l'orgueil, le crime et le malheur

Ne pouvant s'affranchir de sa vie nauséeuse.




Spleen toujours

 

Voici venu encore un de ces longs week ends

Où la peine et l'ennui entonnent la rengaine

Le désespoir est là, dans l'abîme m'entraîne

Je meurs, au rythme des heures qui s'égrènent

 

Le désespoir est là, dans l'abîme m'entraîne !

Et sur la ville triste pèse un ciel de traîne

Les bourrasques de vent ne balaient pas nos peines

Prisonniers de nos doutes, de nos regrets pérennes

 

Les bourrasques de vent ne balaient pas nos peines !

Et des pensées moroses, qui sont toujours les mêmes

Assaillent nos esprits d'un unique anathème :

Il est des moments bleus, j'aimerais qu'ils reviennent 

 

Il est des moments bleus ; J'aimerais qu'il revienne !

Voici venu encore un de ces longs week ends

Où la peine et l'ennui entonnent la rengaine

Le désespoir est là, dans l'abîme m'entraîne

 

Je meurs, au rythme des heures qui s'égrènent.




L'attente

 

Je suis une flamme éteinte ou bien cette eau dormante.

Dans une agonie lente, je n'ai plus goût à rien.

 

Mon cœur est dans l'attente

 

Mais combien  il est vain, ô combien inutile,

De prétendre forcer notre destinée

           

D'un quelconque moyen !

 

Car il se rit de nous sans pitié ni remords,

Celui qui nous entraîne dans d'infinis tourments :

 

Pour nous anéantir il redouble d'efforts

 

S'acharne sur nos âmes jusqu'à la mise à mort,

Jusqu'à notre total anéantissement.

 

Mais combien de temps résisterai-je encor' ?

 

Je suis une flamme éteinte ou bien cette eau dormante.

Dans une agonie lente, je n'ai plus goût à rien.

 

Mon cœur est dans l'attente




Article ajouté le 2007-05-10 , consulté 114 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " POESIE "

Retour aux articles



Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever